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En librairie le 24 Septembre 2020
  • ISBN:
    2-36371-336-0
  • Format:
    123x195
  • Page:
    p.
  • Prix:
    18 €
Ultra-Graal
Bertrand Lacarelle

Un prodige. Vers 1180, Chrétien de Troyes écrit Perceval et le Conte du Graal, après avoir rédigé Lancelot ou le Chevalier de la Charrette pour Marie de Champagne, fille d’Aliénor d’Aquitaine. C’est un conte écrit en octosyllabes et en « roman », c’est-à-dire en ancien français et non plus en latin. La littérature française, comme sa cousine an- glo-normande des Plantagenêts, un dialecte très proche, est en train de naître dans les cours et sur les parvis des cathédrales. Les romans de Chrétien succèdent au poème épique de la Chanson de Roland, au XI siècle, où le mot « France » est utilisé pour la première fois, et aux chansons des troubadours, comme Guillaume IX d’Aquitaine, le grand-père d’Aliénor, puis aux Lais de Marie de France rassemblant la « matière de Bretagne ».

De la vision d’une coupe merveilleuse dans le conte - celle-là même où Joseph d’Arimathie recueillit le sang du Christ - procèdent des milliers de page : le cycle du « Lancelot-Graal », aussi appelé le « Livre du Graal », qui ont irrigué la France et l’Europe entière. Autour de cette coupe a été bâtie une immense cathédrale de mots, aux vitraux saisissants, colorés par le sang des combats et les armoiries des chevaliers ; une cathédrale de papier bâtie au mo- ment même où l’on construisait en France les premières cathédrales « gothiques », c’est-à-dire de « Style français », comme Notre-Dame de Paris ou Notre-Dame de Chartres. Que signifie au juste ce « Graal », devenu dans la langue courante le synonyme d’un absolu de la réussite et de la conquête. Pourquoi ce projet grandiose, le Livre du Graal, n’est-il pas plus connu et étudié ? Certes, l’édition définitive en Pléiade est récente (trois volumes de 2001 à 2009), qui se réfère à la « vulgate », le manuscrit picard du Lancelot-Graal (1286). Mais après l’immense succès jusqu’au XVIe siècle, puis son retour en grâce au cours du XIXe, il a été réédité de façon de plus en plus complète depuis le début du XXe siècle. Pourquoi nous contentons-nous (et encore) de Chrétien de Troyes, des amours profanes de Lancelot et de Guenièvre, de Tristan et d’Iseut ? Dans le genre monumental, pourquoi étudions-nous et lisons-nous davantage les Mille et une nuits, l’Iliade et l’Odyssée, l’Enéide ou la Divine comédie ?

Bertrand Lacarelle, auteur de Jacques Vaché (2005) et de Arthur Cravan, précipité (2010) parus chez Grasset, a été lauréat de la Bourse Cioran du CNL en 2008. Son essai consacré à Arthur Cravan a été couronné par le prix d’Académie de l’Académie fran- çaise en 2010. Il a publié La Taverne des ratés de l’aventure chez Pierre-Guillaume de Roux en 2015.

 

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