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En librairie le 7 Juin 2018
  • ISBN:
    2-36371-251-6
  • Format:
    123x195
  • Page:
    150p.
  • Prix:
    23 €
Tulipes d'orage
Philippe Barthelet

« Ces tulipes orageuses, c’est Henri Rochefort qui les ambitionnait aux jeux floraux de la littérature de son temps ; un temps qui le cantonnait dans le genre  « pamphlétaire », parce qu’il prétendait que les mots publics pouvaient être autre chose que des formules de politesse. Quand la si mal nommée « langue de bois » interdit toute parole vive, le moindre propos pas encore tout à fait lignifié devient « polémique », et la qualification vaut flétrissure. Car les gardiens de la langue de bois sont de sourcilleux moralisateurs, le « correct » est la règle d’or à laquelle ils sacrifient tout avec un zèle sans reproche.

  Polémique, autrement dit la guerre ; et il faut se battre en effet, pour simplement respirer ; parler, employer des mots qui échappent à l’universelle loi des suspects, retrouver par grâce - par inadvertance de la pesanteur - quelque chose de cette première honnêteté de la langue, et du monde qu’elle nomme ; les deux ne faisant qu’un, puisque la première mission que Dieu donne à Adam - mission dont il s’acquitta, ne sachant pas encore trahir - fut de nommer tous les êtres (et il est dit que Dieu se cacha pour écouter quel nom Adam leur donnait). Que la langue ait gardé malgré elle, malgré tous nos efforts pour la défigurer, comme un souvenir et presque un goût de l’Eden, voilà qui justifierait peut-être à soi seul cette invraisemblable obstination à écrire malgré tout, à vouloir regagner l’amitié des mots, dont la secrète, la pathétique nostalgie rend notre langue de bois si étouffante. »

Cette mise en bouche précède une longue suite d’autres excès ou « éclats » de langue : persiflage, diglossie, dit du droit, « paroles portées  », jargon technique, etc.… Nouvelles occasions d’apprendre de savoureuses anecdotes quant à ces maux que donnent toujours les mots quand on les juge déplacés ou pire : déclarations de guerre !

Par l’auteur de Salut aux bêtes sauvages (2017), Le Ciel de Cambridge – Rupert  Brooke, la mort et la poésie (20 15), Valère Novarina – Les mots éclaireurs (2014),  Fou Forêt (2012) aux éditions Pierre- Guillaume de Roux ; de Baraliptons (Grand Prix de l’essai de l’Académie française 2007) ou L’Olifant aux éditions du Rocher.

Diffusion CDE/SODIS

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Tulipes d'orage de Philippe Barthelet