Essais / Histoire

 
Sarkozy sous BHL
En librairie le 6 Octobre 2011
ISBN 2-36371-019-2
Format 12.5 x 19.5 cm
Pages 128 p.
Prix 13.9 €
 
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Sarkozy sous BHL

Roland Dumas et Jacques Vergès

 « Président de la République pour un an encore, ce sont deux Résistants qui vous écrivent pour vous dire que vous trahissez la France. » C'est par cette accusation terrible que Roland Dumas et Jacques Vergès sonnent la charge contre la politique étrangère de Nicolas Sarkozy, telle que celle-ci se manifeste dans les bombardements perpétrés contre la population civile de la Libye. Il s'agit d'ailleurs moins, pour l'ancien président du Conseil constitutionnel et pour le célèbre avocat, de plaider pour M. Kadhafi que de dénoncer une politique qui viole le droit international et piétine l'héritage du général de Gaulle. En réalité, sous le masque de l'humanitaire, le président de la République renoue, en Libye comme en Côte d'Ivoire, avec le vieux colonialisme et vise à s'assurer des richesses de ces pays au mépris des intérêts des peuples et de la souveraineté des États. Par leur argumentation implacable et la férocité de leur style, Dumas et Vergès s'inscrivent dans la lignée des grands polémistes français, du Voltaire de l'affaire Calas au Victor Hugo de Napoléon le Petit. Ils dressent ce faisant un portrait accablant d'un président de la République qui a dévoyé sa fonction jusqu'à la caricature, qui parle le français comme le parlent les voyous et qui, croyant se rehausser, s'est flanqué d'un Bernard-Henri Lévy comme directeur de conscience – on a les Malraux qu'on peut… Sarkozy sous BHL, c'est le dernier degré d'abaissement où est tombée la France. Puissent les Français se réveiller à temps !

Ce pamphlet qui fera date est complété, en annexe, par le dossier complet de la plainte déposée devant la Cour pénale internationale contre Nicolas Sarkozy pour crime contre l'humanité.

Roland Dumas : avocat de renommée internationale, ancien député, ancien ministre des Affaires étrangères, ancien président du Conseil constitutionnel, est notamment l’auteur d’un récent grand succès de librairie : Coups et blessures, cinquante ans de secrets partagés avec François Mitterrand (Cherche-Midi, 2011).

Jacques Vergès : avocat mythique, il a notamment défendu les grandes figures du FNL (guerre d’indépendance d’Algérie), Barbie ou plus récemment Omar Raddad. Adepte de la stratégie de rupture, il s’est illustré dans quelques-uns des plus grands procès des cinquante dernières années. Il est l’auteur du Salaud lumineux (Michel Laffont, 1990), du Dictionnaire amoureux de la justice (Plon, 2002) ou de Que mes guerres étaient belles (Rocher, 2007).

 

 

Dans la presse

Radio Aligre

20 Janvier 2012

Ecoutez Jacques Vergès et Roland Dumas sur Radio Aligre

Jacques Vergès et Roland Dumas répondaient aux questions d'Eugénie Barbezat le 19 décembre dernier sur Radio Aligre.

Sarkozy sous BHL, de Jacques Vergès et Roland Dumas (Pierre-Guillaume de Roux, 2011)

Le Monde

11 Novembre 2011

Le pamphlet de Roland Dumas et Jacques Vergès

Roland Dumas et Jacques Vergès… Depuis décembre 2010 et la douteuse affaire Gbagbo, nous sommes habitués à voir ce duo inattendu apparaître sur les écrans de télévision. Bien des aspects les unissent. L’un et l’autre sont fins juristes, fortunés, issus de la Résistance ; leur goût prononcé pour la provocation, leur cynisme élégant, leur esprit caustique, leur vaste culture, leur amour de l’art, leur hédonisme, leur capacité de séduction constituent autant de traits communs. Sans doute se sont-ils affrontés lors du procès Barbie, sans doute Jacques Vergès eut-il parfois la dent dure envers l’ancien ministre des Relations extérieures de François Mitterrand ; il n’empêche, ces deux avocats de renom, qui plaidaient déjà de concert en 1960 en faveur des porteurs de valises du FLN, n’ont pas choisi de faire route commune par hasard. L’un et l’autre, tout aussi controversés, ont fait leurs preuves ; ils n’ont plus rien à perdre ; ils n’ont en outre que faire du regard de la société et semblent s’amuser, comme des gamins espiègles et complices, à jeter quelques pavés iconoclastes dans le marigot politique.

Il y a, dans les Confidences de Talleyrand, un double portrait – le sien et celui de son intime, le comte de Montrond – qui ne serait pas loin de leur convenir : « Achille avait Patrocle ; Oreste avait Pylade ; […] Henri IV avait Sully ; j’avais Montrond. Je l’aimais parce qu’il n’avait pas beaucoup de préjugés, et il m’aimait parce que je n’en avais pas du tout. Quand on disait de l’un : "il est si aimable", l’autre ajoutait : "il est si vicieux." Nous nous comprenions et nous nous entendions comme si nous avions eu chacun une double clef de nos pensées. »

A voir ainsi ces deux octogénaires, côte à côte devant les caméras, savourer mutuellement leurs bons mots, certains penseront à Statler et Waldorf, les deux vieillards en goguette du Muppets Show. D’autres, leurs adversaires, penseront plutôt à cet inoubliable chapitre des Mémoires d’Outre-tombe dans lequel Chateaubriand écrivait (nous étions à la fin de juin 1815) : « Tout à coup une porte s’ouvre : entre silencieusement le vice appuyé sur le bras du crime, M. de Talleyrand marchant soutenu par M. Fouché ; la vision infernale passe lentement devant moi, pénètre dans le cabinet du Roi et disparaît. » Méfions-nous toutefois des parallèles, car la comparaison pourrait sembler exagérée… pour le prince de Bénévent et le duc d’Otrante.

Aujourd’hui, si Roland Dumas et Jacques Vergès prennent la plume, ce n’est pas pour confronter leurs souvenirs, mais pour rédiger un pamphlet au vitriol contre la politique étrangère de Nicolas Sarkozy et, singulièrement, contre l’engagement de la France en Libye, Sarkozy sous BHL (Pierre Guillaume de Roux, 121 pages, 13,90 €) dont une grande partie de la presse écrite, curieusement, tarde à parler. Le pamphlet est un genre littéraire à part entière, soutenu par une esthétique de l’excès, de la rhétorique intrépide, du paradoxe brillant. De Voltaire à Léon Bloy, de Victor Hugo à Laurent Tailhade, il connut quelques riches heures. Or, depuis la disparition du dernier vrai pamphlétaire, Jean-Edern Hallier, ce genre semblait tombé en désuétude, dans un monde de plus en plus aseptisé où toute opinion dissidente fait encourir procès et – méthode plus efficace encore – lynchage médiatique. C’est dire si, du point de vue du débat d’idées comme de celui de la littérature, Sarkozy sous BHL satisfera les amateurs. Car littéraire, ce texte l’est et, même si le style général rappelle davantage celui de Jacques Vergès que de Roland Dumas, ces deux maîtres du barreau, aussi bretteurs que rhéteurs, offrent à leurs lecteurs d’assez savoureuses pages.

Dès l’incipit, le ton s’impose : « Président de la République pour sept mois encore, ce sont deux Résistants qui vous écrivent pour vous dire que vous trahissez la France. » Comme souvent dans les pamphlets, l’attaque cible d’abord la personne visée : « Vous détestez la culture française et ne voyez pas pourquoi les futurs énarques devraient lire La Princesse de Clèves, alors que lire les chefs d’œuvre de notre littérature est un plaisir. C’est même, selon Valéry Larbaud, un vice impuni, mais vous ne savez sans doute pas qui est Valéry Larbaud. »

Puis les auteurs en viennent aux motivations de l’engagement français en Libye tel qu’ils croient les percevoir : « Ce n’est pas l’amour du genre humain qui vous fait courir, c’est la braise, le flouze, l’oseille, la thune, comme on disait à la Cour des miracles. » Et de citer, à l’appui de leur thèse, quelques faits troublants, comme une étrange réunion ayant eu lieu durant l’automne 2010 à Paris ou le bombardement, qu’ils jugent « opportun », du Centre anticorruption de Tripoli et de ses archives. L'idée que le Président ait saisi cette opportunité pour faire oublier le désastreux traitement des révolutions tunisienne et égyptienne, voire pour gagner quelques points dans les sondages, ne semble pas les effleurer.

Il est piquant de voir ces deux antigaullistes notoires (s’étant au passage inspirés, pour le titre de leur essai, de Mauriac sous de Gaulle, pamphlet de Jacques Laurent, lui aussi fort antigaulliste) donner des leçons de gaullisme à celui qui se réclame de l’héritage du Général et qu’ils nomment, non sans cruauté – et par référence à Victor Hugo, cette fois – « Attila le Petit ».

Leur texte occupe les 54 premières pages du livre, les suivantes reprenant une note écrite en vue de faire comparaître le chef de l’Etat devant un tribunal, pour crime contre l’humanité. Une démarche qui a peu de chance d’aboutir et relève surtout du symbolique. Mais ce sont 54 pages d’un réquisitoire polémique et féroce.

Pour autant, le lecteur restera un peu sur sa faim car, si la charge contre le Président se révèle accablante, les auteurs font l’impasse sur Bernard-Henri Lévy. Tout juste trouve-t-on en exergue quelques citations du géopolitologue va-t-en-guerre autoproclamé et, au cœur d’un chapitre, ces quelques lignes : « De Gaulle aimait s’entretenir avec Malraux, un écrivain à sa hauteur. Vous croyez l’imiter en vous montrant avec M. Lévy, un mythomane qui se prend pour Lawrence d’Arabie… Lévy d’Arabie, il y a de quoi rire. »

On aurait pu s’attendre, de la part d’un ancien ministre des Relations extérieures et ancien Président du Conseil constitutionnel, à une analyse plus approfondis du rôle ahurissant d'entremetteur et de «caution morale» (si l'on peut dire...), que joua de bout en bout le « philosophe » dans cette affaire. Que l’on ait permis à un individu qui ne jouissait d’aucune autre légitimité que l’amitié du Prince et dont les ambitions dépassaient sans aucun doute les capacités de se substituer ainsi au ministre des Affaires étrangères et aux services de l’Etat méritait, pour le moins, quelques développements. D'autant que les auteurs ne pouvaient ignorer qu'au sommet de l'Etat, le projet d'une intervention militaire avait été étudié bien avant l'entrée en scène de cet histrion qui, aujourd'hui, s'attribue une grande partie des mérites de la «victoire» en tentant d'enfiler un costume de Malraux bien trop grand pour lui. Seul l’extrait d’un entretien, publié sur le site Afrique-Asie.fr, donc en dehors du livre, y fait allusion : « C’est sans doute la première fois qu’un intellectuel aussi médiocre que M. Bernard-Henri Lévy joue un rôle aussi important dans la République. On ne peut le comparer ni à Jacques Attali qui était une institution dans la République ni à Marie-France Garaud qui disposait d’une relation personnelle avec Georges Pompidou. La situation insolite de M. BHL ne relève ni d’un cas ni d’un autre. Il n’est rien dans la République. Il s’impose. Il virevolte. Il joue les "mouches du coche" ».

THIERRY SAVATIER

http://savatier.blog.lemonde.fr/2011/11/11/sarkozy-sous-bhl-le-pamphlet-de-jacques-verges-et-roland-dumas/


Eléments

1er Novembre 2011

Nicolas Sarkozy trahit la France

Dans leur livre Sarkozy sous BHL, l'ancien ministre des Affaires étrangères Roland Dumas et l'avocat Jacques Vergés accusent le président français Nicolas Sarkozy de crimes contre l'humanité. Depuis, les deux avocats ont fait mieux: ils ont porté plainte. Hommes de goût et de lettres contrairement au personnage central de leur livre, les deux ténors du barreau ont puisé l'inspiration chez les meilleurs artificiers littéraires français pour dynamiter l'actuelle politique étrangère de la France. Pour cet assaut en bonne et due forme de l'Elysée, ils se devaient de choisir un hussard qui n'a jamais eu froid aux yeux: Jacques Laurent et son Mauriac sous De Gaulle. La comparaison s'arrête là : Vergés n'est pas anti-gaulliste et le général de Gaulle n'a jamais été accusé de crimes contre l'humanité. Nicolas Sarkozy, oui... A l'origine de la plainte, Jacques Vergés s'explique, plus combatif que jamais.

Propos recueillis par Pascal Eysseric

Comment expliquez-vous le rôle qu'a pu jouer Bernard-Henri Lévy auprès de Nicolas Sarkozy dans le déclenchement des frappes aériennes et l'engagement des forces militaires françaises en Libye ? Un rôle central, au point que certains journalistes ont pu écrire qu'il avait éclipsé le quai d'Orsay et la Défense.

Jacques Vergés : BHL stratège ! BHL, le mythomane qui se prend pour Lawrence d'Arabie. Lévy d'Arabie, qui dispose de la diplomatie française, vous conviendrez qu'il y a de quoi rire ! En d'autres temps, après sa victoire, Sarkozy se serait fait prince de Tripoli et Lévy d'Arabie, prince de Benghazi. Ce dernier aurait eu sa part de pétrole naturellement. Comment se fait-il qu'Alain Juppé, le ministre des Affaires étrangères, que l'on présente généralement comme un homme sérieux aux fortes convictions gaullistes, n'ait pas démissionné? Mystère. Un gaulliste, ça démissionne, ça ne cautionne pas une ignominie ' J'ai ma petite idée sur l'affaire. Dans le cirque sarkoziste, Juppé tient le rôle d'avaleur de couleuvres, entre la femme à barbe et le cracheur de feu... Je vous laisse imaginer qui tient les rôles. Chaque époque a les grands hommes qu'elle mérite. Avec BHL, la nôtre possède le summum de la vulgarité. Voilà un milliardaire qui se rêvait en Malraux sans avoir le moindre commencement de talent, sinon celui de se payer une armée de figurants pour l'applaudir à la demande. Mais on n'a jamais vu un Dupont de Nemours écrire une élégie ou un Rothschild composer une cantate. Même les Américains se sont rendus compte que son voyage sur les traces de Tocqueville était une immense supercherie.

Dans votre livre, vous expliquez que le gouvernement français ne s'est pas contenté de participer aux bombardements aériens, il a également armé les rebelles...

J. V. : François Baroin, le porte-parole du gouvernement, a reconnu avoir fait passer des armes en territoire libyen, dans la région du Djebel Nafoussa, pour aider la rébellion. L'armée française a également procédé à des parachutages pour répondre à la promesse de Nicolas Sarkozy d'aider le Conseil libyen de transition. Où sont ces armes à présent? Plusieurs rapports que nous publions dans notre livre indiquent qu'elles sont entre les mains de groupes armés islamistes. Les apprentis sorciers n'ont rien appris de leurs erreurs. En 2003, la croisade irakiennne a eu pour résultat d'échanger un État laïque contre un gouvernement chiite pro-iranien. En Afghanistan, les Américains s'apprêtent à remettre à nouveau les clés du pouvoir aux talibans après dix ans d'occupation. En 2011, l'intervention de l'Otan en Libye conduira-t-elle à installer un gouvernement islamiste ? La rébellion est en grande partie encadrée par les islamistes. C'est un secret de polichinelle : l'actuel gouverneur de Tripoli, Abou Abdallah Al-Sadek, est un « ancien » djihadiste, fondateur du Groupe islamique combattant libyen (GICL). Il n'est pas le seul. Les rebelles libyens n'ont jamais crié « vive la liberté » mais « Allah Akbar » ! Seul, Sarkozy ne l'a pas entendu.

Après les échecs irakiens et afghans, on aurait pu penser que l'Otan réfléchirait à deux fois avant de se lancer dans une nouvelle croisade.

J. V. : Les pays occidentaux me font penser à ces malades de la syphillis au stade terminal de la maladie ; vous savez, c'est le moment où le délire des grandeurs s'empare d'un corps par ailleurs en proie à la paralysie générale. Ils n'ont jamais été aussi faibles, mais jamais aussi mégalomanes. C'est le paradoxe du matamore ! Je pérore. Je menace. Je m'aplatis devant les géants. A cet égard, Nicolas Sarkozy est une caricature. En 2008, il menace de ne pas se rendre à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pékin pour ensuite s'agenouiller quelques mois plus tard devant le président chinois Hu Jintao. Depuis quand les lilliputiens demandent-ils aux géants de se mettre à genoux ? A ce propos, connaissez-vous ce poème de Baudelaire, Le vin des chiffonniers ?C'est un poème de circonstance, qui convient parfaitement à la mégalomanie de Sarkozy. Il s'agit d'un ivrogne au dernier degré, qui remonte la rue et s'imagine applaudi par la foule des badauds. Ce sont ces vers admirables qui me reviennent lorsque l'on me demande de décrire la place de la France en Afrique. Personne n'a relevé qu'aucun dirigeant africain n'avait démenti le ballet des valises de dollars vers Paris. Le mépris a changé de camp. Et la vérité, c'est que la classe politique française n'est jamais tombée aussi bas.

 

Vous êtes un grand connaisseurde l'Afrique. Vous revenez d'un séjour en Côte d'Ivoire. Quelle est l'image de la France en Afrique ?

J. V. : J'ai connu le temps où Maurice Couve de Mourville était le missidominid de la France en Afrique. Aujourd'hui, ce sont Ziad Takieddine, Alexandre Djourhi, Robert Bourgi et consorts. Constatez avec moi qu'en quarante ans la sociologie de la France a bien changé, ne trouvez-vous pas? Ces personnages ont plus à voir avec le milieu qu'avec la politique.

Vous dites que jamais un homme n'avait à ce point déshonoré et dévoyé sa fonction de président de la République. La France a pourtant déjà connu des périodes de basses eaux, voire des périodes de franche dégringolade.

J. V. : Avec Nicolas Sarkozy, la France est entrée dans un cycle de décadence avancée comme elle n'en a peut-être jamais connu dans son histoire. Cet homoncule trahit la France. Il n'est bien évidemment pas l'héritier de De Gaulle, même pas celui de Giscard. Je ne vois que la période de guerre civile opposant les Atmagnacs et les Bourguignons, quand le royaume de France était menacé dans son existence. Même en 1940, il y a avait un débat politique. Est-ce que vous imaginez Winston Churchill demander le bombardement de la villa d'Eva Braun, sous le prétexte qu'Hitler venait la visiter de temps en temps ? Le duc de Marlborough s'est abstenu. Durant toute la durée de la Deuxième Guerre mondiale, la mère de Charles de Gaulle, qui était restée en France, n'a rien eu à craindre elle aussi. Ce que les Allemands n'ont pas fait, Nicolas Sarkozy l'a ordonné à l'aviation française, qui a visé délibérément la villa de l'un des fils de Mouhamar Kadhafi, Said Al Arab, 29 ans, le tuant ainsi que ses trois enfants. Il n'avait pourtant aucune fonction officielle, et habitait au coeur d'un quartier exclusivement résidentiel que j'ai visité. C'est typique d'une réaction digne du grand banditisme. Si on ne tue pas Kadhafi, on pourra au moins se débarrasser de sa famille.

Votre pamphlet est complété, en annexe, par le dossier complet de la plainte déposée devant la Cour pénale internationale contre Nicolas Sarkozy pour crime contre l'humanité. Pensez-vous qu'elle a une chance d'aboutir?

J. V. : Nous attendons des représailles, et non les valises de billets de monsieur Robert Bourgi. Je me prépare à la visite de la brigade financière, mais enfin ce ne sera pas celle de la brigade mondaine comme Dominique Strauss-Kahn. Pour tous, j'ai un petit cendrier où je brûle mes documents les plus sensibles. Ils n'auront qu'à en faire des analyses ADN. Que voulez-vous ? Nous avons un gouvernement de fous et de mafieux, tout est possible. Nous vivons dans un État policier doublé d'anarchie. Il faut donc s'attendre à tout.

Sarkozy sous BHL, de Roland Dumas et Jacques Vergés (Pierre-Guillaume de Roux, 2011)

La Nouvelle république des Pyrénées

23 Octobre 2011

Percolateur

Le lendemain de sa victoire aux « Primaires », nous retrouvons François Hollande, cerné de caméras, marchant le long de la Seine, une rose à la main. Mais c’est pas vrai, je rêve, j’hallucine ! Ce serait donc ça, le PS, en 2011 : la vieille imagerie mitterrandienne, les roses, le passé et tout le toutim ! Et pourquoi pas le Panthéon ? Et pourquoi pas la chanson pourave de Barbara nous disant  qu’ « un homme a montré le chemin, une rose à la main… ». Je vous épargne le reste du cantique. Il faut dire à François Hollande qu’un nouveau siècle est né, et qu’il est particulièrement cruel, non pour les morts que nous n’oublions pas, mais pour les vivants qui morflent loin des roses. Il faut  dire également à François Hollande qu’il est attendu, dans la rue, par un certain Sarképi. Candidat à la Présidentielle au siècle dernier, Lionel Jospin aimait à dire : « J’ai fendu l’armure ». François Hollande serait bien inspiré, lui,  de s’en acheter une.

On ne tire jamais sur une ambulance sauf s’il y a Sarképi dedans. C’est bien l’avis de Jacques Vergès et de Roland Dumas qui viennent d’envoyer un missile dans le buffet du locataire de l’Elysée, lequel n’a plus que sept mois à gouverner. Le missile en question a pour titre  Sarkozy sous BHL , compte 120 pages, coûte 13,90 euros et paraît aux Editions Pierre Guillaume De Roux. Les deux avocats, issus rappelons-le de la Résistance, dénoncent l’équipée libyenne laquelle, selon eux, n’a aucune motivation « humanitaire », n’en déplaise à son instigateur Bernard Henry Lévy, surnommé par les auteurs «  Lévy d’Arabie ». Sarképi n’est pas De Gaulle et BHL n’est pas André Malraux, rappellent les deux avocats. Par contre les bombes lâchées par la France sur des cibles stratégiques – bombes qui n’épargnent pas la population civile -, contiennent, elles, de l’uranium appauvri qui  sèmera le cancer chez les rescapés. C’est ce que Dumas et Vergès appellent un « crime différé ». Et les deux avocats de conclure : «  Il y aura encore, de par le monde, au Moyen-Orient ou en Afrique, là où il y a des odeurs de pétrole et des perspectives de contrats juteux et de retro-commissions juteuses, des possibilités de jouer au « petit soldat de la liberté », même si le drapeau tricolore est à cette occasion souillé par un affairisme mâtiné d’électoralisme et de populisme primaire ».

 CHRISTIAN LABORDE - LA NOUVELLE REPUBLIQUE DES PYRENEES

Sarkozy sous BHL, de Roland Dumas et Jacques Vergès

(Pierre-Guillaume de Roux, 2011)

Le Figaro magazine

21 Octobre 2011

Les deux font l'impair

« Comme ministre des Affaires étrangères, je vois surtout son sourire, son brushing, mais je constate que la faillite est complète. On ne mène pas une politique étrangère avec des ronds de jambe. » C'est ce qu'écrivait Jacques Vergés de Roland Dumas, alors ministre de Mitterrand dans Le Salaud lumineux, en 1990, comme le rappelle Le Petit Dictionnaire des injures politiques, qui paraîtra le 4 novembre. Aujourd'hui, les deux avocats parcourent le monde pour défendre les causes indéfendables et viennent d'écrire un livre à quatre mains, Sarkozy sous BHL (Editions Pierre-Guillaume de Roux, 2011).

Valeurs actuelles

21 Octobre 2011

Le pamphlet de l'année

A eux deux, ils dépassent 175 ans. Mais ils alignent autant de souvenirs, d'expérience et de culture que s'ils en avaient 1000, tout en ferraillant avec l'énergie juvénile des (vrais) résistants qu'ils furent, l'un dans les FFL, l'autre dans les FPI. C'est dire que lorsque Jacques Vergés et Roland Dumas, qui auraient pu, comme tant d'autres, s'endormir sur leurs lauriers, prennent la plume contre Nicolas Sarkozy et - surtout- Bernard-Henri Lévy, inspirateur de l'opération de Libye, l'art du pamphlet, tombé tristement en déshérence depuis la mort de Jean-Edern Rallier, retrouve ses vertus dévastatrices. Prince de l'antigaullisme, Jacques Laurent avait, en son temps, flétri "Mauriac sous de Gaulle". Vergés et Dumas, eux, montent d'un cran : ils reprochent moins à l'écrivain de soutenir Sarkozy, qu'à Sarkozy de s'être mis sous la coupe d'un imposteur. « De Gaulle aimait s'entretenir avec Malraux, un écrivain à sa hauteur. Vous croyez l'imiter en vous montrant avec M. Lévy, un mythomane qui se prend pour Lawrence d'Arabie.» Invités le 5 octobre sur Canal Plus, les duettistes ont créé un joli scandale en répétant les accusations contenues dans leur livre : « Tout le monde sait que la révolution libyenne de février 2011 a été préparée durant I'automne2010 à Paris... Votre philanthropie est allée jusqu'à aider les futurs insurgés avant qu'ils ne s'insurgent et à préparer la protection des populations civiles avant qu'elles soient menacées. » On attend la défense de BHL...

ÉRIC BRANCA

Sarkozy sous BHL, essai de Roland Dumas et Jacques Vergès

(Pierre-Guillaume de Roux, 2011)

Paris Première

7 Octobre 2011

Roland Dumas et Jacques Vergès bientôt sur Paris Première

Eric Naulleau et Eric Zemmour recevront Roland Dumas et Jacques Vergès le 28 octobre à 22h45 sur Paris Première. L'émission sera rediffusé dimanche 30 octobre à 12h15. Rendez-vous à ne pas manquer !

Sarkozy sous BHL, essai de Roland Dumas et Jacques Vergès

(Pierre-Guillaume de Roux, 2011)

Canal +

30 Septembre 2011

Roland Dumas et Jacques Vergès sur Canal +

Michel Denisot a reçu Roland Dumas et Jacques Vergès dans l'émission du 5 octobre à 19h10 du "Grand Journal" de Canal + à l'occasion de la parution de leur ouvrage : Sarkozy sous BHL aux éditions Pierre-Guillaume de Roux.

www.http://www.canalplus.fr/c-infos-documentaires/pid2438-c-le-boucan-du-jour.html?tab=1