Littérature Française

 
Dieu s'amuse
En librairie le 7 Avril 2011
ISBN 2-36371-004-8
Format 12,5 x 19,5 cm
Pages 187 p.
Prix 16 €
 
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Dieu s'amuse

Michel Lambert

Cela peut arriver n’importe où. Dans le froid et la pluie d’hiver. Par une chaude après-midi d’été. En pleine ville. Au bord de la mer. Tout près d’un casino ou encore un jour de carnaval où tous déambulent, parfaitement méconnaissables… Soudain quelqu’un vous bouscule et vous voilà nez à nez avec l’être qui a détruit votre existence : le rival qui vous a pris votre fiancée, le père qui ne vous a pas aimé, la maîtresse que vous avez rejetée. Vous brûlez d’en venir aux mains. Mais non, vous pressentez que tout se jouera autrement. Au-delà de la haine, de l’angoisse et du remords. Autour de vous, la vie continue à suivre son cours : des musiques s’échappent des bars, des voitures accélèrent, des rires résonnent. Et vous pressez l’allure, histoire d’échapper au fantôme du passé qui s’attache à vos pas. Une course-poursuite qui durera toute la nuit. Jusqu’à échanger enfin un regard, une parole de compassion au point du jour.

Neuf nouvelles en forme de déambulations sur le thème des retrouvailles.

Romancier et nouvelliste belge, Michel Lambert a obtenu le Prix Rossel pour Une vie d’oiseau (éditions de Fallois/L’Âge d’homme). Il est également l’auteur de nombreux recueils de nouvelles, dont Les Préférés (Julliard) et, aux éditions du Rocher, Soirées blanches, Une touche de désastre (Grand Prix de la Société des gens de lettres) et Le Jour où le ciel a disparu.

Diffusion : CDE/SODIS.

 

Dans la presse

Ozoir'Elles 2011

19 Octobre 2011

Michel Lambert lauréat du Prix Ozoir'Elles 2011

Le Prix de la Nouvelle d'Ozoir'Elles 2011 a été décerné à Michel Lambert pour son recueil Dieu s'amuse paru aux éditions Pierre-Guillaume de Roux le 7 avril 2011.

Rendez-vous au Salon du Livre d’Ozoir la Ferrière le 19 novembre 2011 pour rencontrer le lauréat et les membres du Jury (Simonetta Greggio, présidente, Victoria Bedos, Astrid Eliard, Véronique Genest, Macha Méril, Colombe Schneck, Régine Deforges, marraine d’honneur après avoir présidé les trois premières éditions et les Ozoiriennes.)

Rue Saint-Ambroise

18 Octobre 2011

Au coeur de la fêlure

Voici 10 nouvelles unies par un fil secret : la fêlure sous les apparences de réussite et de bien-être. C’est aussi le fil d’une course-poursuite effrénée qui se déroule généralement de nuit à travers les rues d’une ville en constant changement de décor. Et pour cause… tous les personnages de ces histoires successives sont des adolescents attardés, la cinquantaine élégante, soudain confrontés au retour d’un passé douloureux qui revient les hanter sous les traits d’une ancienne maîtresse, d’un rival ou tout simplement d’une mère qui ne vous a jamais aimé mais dont les yeux séniles vous dévisagent désormais à longueur de journée. Partagé entre le réflexe de fuir et la tentation de se saisir d’une seconde chance, le protagoniste provoque les situations les plus extrêmes, les plus pathétiques. Tel cet avocat (Le Jour du rat mort) qui se dépouille peu à peu de tout ce qu’il possède un soir de carnaval – argent, vêtements, fierté – parce qu’il sait qu’il ne sera jamais aimé. Tel cet homme, beau et adulé, mais devenu aujourd’hui parfaitement indifférent à ses amis d’antan (Marche triomphale) parce qu’il ne guette plus qu’un appel sur son portable : celui de la clinique qui lui annoncera la mort de sa sœur bien aimée. Tel enfin cet homme qui brisa tant de cœurs autour de lui à force de cynisme (Place de l’Ange), et qui, vingt ans après, n’est plus capable que de bégayer : « Est-ce que ça se voit tant que cela ? » Toutes ces vies au bout du rouleau gardent le plus longtemps possible leur secret : il faut courir après ces silhouettes en fuite pour leur arracher des fragments de confession et reconstruire peu à peu, au gré d’échanges saccadés, au bord du coup de poing, le puzzle de leur existence brisée. Une véritable descente du fleuve, une traversée de la nuit mais qui souvent trouve une éclaircie, une aube à la dernière minute. Le temps d’une bonne parole, d’un éclair de compassion inespéré dans le regard.

Sans tambour ni trompettes, à pas de colombe, comme disait le philosophe, les enjeux des nouvelles de Michel Lambert se posent sans qu’on n’y prenne garde. Le choc est d’autant plus fort, plus subtil. Question de style. Ou plutôt de ton. Légèreté et précision. Efficacité et émotion. Une femme autrefois aimée, un ami, un double, voire une passion ou un objet, et voilà que le passé resurgit à la faveur du hasard. Drôles de retrouvailles, qui cristallisent à la fois tout ce qu’on a refoulé, tout ce qu’on vit dans le présent et tout ce qui pourrait advenir encore. Dans un univers urbain, de souffrance, mais non doloriste, car toujours sourd la petite lumière de l’espoir, Michel Lambert met en scène la solitude moderne, où fourmillent des personnages qui nous ressemblent, qui nous disent que les moments dépassés sont la victoire de ces mêmes moments vécus dans l’adversité.

LUC-MICHEL FOUASSIER

Dieu s’amuse, de Michel Lambert. Éditions Pierre-Guillaume de Roux (2011), 190 pages, 16 euros.

La libre Belgique

31 Août 2011

La course de fond de Michel Lambert

Rencontre

Dieu s’amuse. C’est le titre de la première nouvelle écrite par Michel Lambert et qui a donné le ton et le titre à son tout dernier recueil qui inaugure les Editions Pierre Guillaume De Roux. "Dieu s’amuse", c’est un recueil de neuf nouvelles sur le thème des retrouvailles. "Le hasard, c’est Dieu qui s’amuse, j’ai lu cette citation quelque part , indique Michel Lambert qui place ses personnages sur le fil, à un tournant de leur vie, à un moment de basculement, quand la routine de leur existence éclate. Pour ces personnages, chaque pas est une réplique du pas précédent, or une rencontre improbable leur permet de faire un pas de côté, casser la routine et entrer dans un autre univers. Tout l’art de la nouvelle consiste à creuser, approfondir ce moment de basculement. Les nouvelles s’inscrivent dans un temps vertical contrairement au roman où le temps est horizontal" , précise celui qui pratique les deux genres littéraires et qui est à l’origine, avec Carlo Masoni du Prix Renaissance de la Nouvelle. Ce dernier recueil met en scène des personnages, soudain confrontés à leur passé. Des personnages un peu fragiles mais qui ont suffisamment de force pour faire de cette fragilité quelque chose de plus solide. Dans "Dieu s’amuse", deux rivaux amoureux se retrouvent face à face. Dans "Marche triomphale" Charlie oublie pour un instant, Lili, malade, lorsqu’une ancienne maîtresse se présente sous ses fenêtres.

Dans "Les bruits de l’ascenseur", un tableau fait perdre toute sa contenance à Antoine. Et avec "Le nuage", Hugo se heurte à Quentin, le frère d’Estelle qu’Hugo a perdue. Des circonstances particulièrement dures, même si, ici, plus que dans les autres recueils de l’auteur, une lueur d’espoir est davantage présente quant au futur des personnages. Tout est rendu par une écriture qui allège la lourdeur des situations vécues par les personnages. " L’écriture doit être claire et légère et la plus sobre possible, afin de rendre compte de situations complexes , indique Michel Lambert qui compare l’écriture à la course de fond qu’il a lui-même pratiquée. Chaque nouvelle compte 36 ou 37 versions et chacune demande une très longue maturation." Quant à l’écriture du recueil, elle s’est construite "avec des filtres". "Quand j’écris, c’est comme si un radar se mettait en place et ne capte que des sujets de nouvelles. Cela se fait de manière inconsciente, mais au fur et à mesure de l’écriture, le fil rouge et les lignes de force se construisent. Lorsque je commence une nouvelle, je ne sais pas où elle va m’emmener et le thème s’impose de lui-même. Au départ, il y a un personnage et une situation, puis intervient un dérapage. C’est un moment poétique où on ne contrôle plus la situation."

Les émotions des personnages, elles ont déjà été vécues par l’auteur, mais elles se révèlent dans de tout nouveaux contextes. Un processus où chaque mot compte, ce qui demande un important travail, indique Michel Lambert. Et l’inspiration ? Elle naît parfois simplement d’une luminosité, revient des tréfonds de la mémoire, se trouve dans la rue, mais aussi lors d’ateliers d’écriture que Michel Lambert anime dans des centres de santé mentale.

A noter que ce recueil est nominé ainsi que trois autres ouvrages pour recevoir le prix Ozoir’Elles. Le lauréat sera connu le 19 novembre à Ozoir-la-Ferrière. En attendant, Michel Lambert se consacre actuellement à l’écriture d’un nouveau recueil de nouvelles et il envisage ensuite un roman. Il poursuit ses ateliers d’écriture dans des centres de santé mentale et il est aussi rédacteur en chef du bimestriel de la Communauté française : "Le Carnet et les Instants" consacré à la littérature belge.

LAURENCE DUMONCEAU

http://www.lalibre.be/actu/brabant/article/681943/des-retrouvailles-qui-reconcilient.html

Dieu s'amuse, nouvelles de Michel Lambert

(Pierre-Guillaume de Roux, 2011)

La dernière heure

2 Août 2011

Des retrouvailles qui réconcilient

L’Ottintois Michel Lambert publie un recueil de nouvelles sur le thème des retrouvailles

  La première nouvelle écrite par Michel Lambert a donné le ton et le titre à son tout dernier recueil qui inaugure les éditions Pierre Guillaume De Roux, avec neuf nouvelles sur le thème des retrouvailles. 

“Le hasard, c’est Dieu qui s’amuse, j’ai lu cette citation quelque part“, indique Michel Lambert qui place ses personnages sur le fil, à un tournant de leur vie. “Pour ces personnages, chaque pas est une réplique du pas précédent; or, une rencontre improbable leur permet de faire un pas de côté, casser la routine et entrer dans un autre univers. Tout l’art de la nouvelle consiste à creuser, approfondir ce moment de basculement. Les nouvelles s’inscrivent dans un temps vertical contrairement au roman, où le temps est horizontal”, précise celui qui conjugue à la fois roman et nouvelles, et qui porte le prix Renaissance de la nouvelle.

Ce dernier recueil met en scène des personnages soudain confrontés à leur passé. Dans Dieu s’amuse, deux rivaux amoureux se retrouvent face à face. Dans Marche triomphale, une ancienne maîtresse de Charlie se présente sous ses fenêtres. Et avec Le Nuage, Hugo se heurte à Quentin, le frère d’Estelle qu’Hugo a perdue. Des circonstances particulièrement dures, même si une lueur d’espoir s’annonce quant au futur. Le tout est rendu par une écriture qui allège la lourdeur du vécu.

“L’écriture doit être claire et légère et la plus sobre possible, afin de rendre compte de situations complexes”, estime Michel Lambert, qui compare l’écriture à la course de fond qu’il a lui-même pratiquée. “Quant à l’écriture du recueil, elle s’est construite avec des filtres . Cela se fait de manière inconsciente, mais au fur et à mesure, le fil rouge et les lignes de force se construisent. Au départ, il y un personnage et une situation, puis intervient un dérapage. En réalité, c’est un moment poétique où on ne contrôle plus la situation.”

Les émotions des personnages, elles ont déjà été vécues par l’auteur, mais elles se révèlent dans de tout nouveaux contextes. Un processus où chaque mot compte, ce qui demande un important travail, ajoute encore Michel Lambert.

Et l’inspiration ? Elle naît parfois simplement d’une luminosité, revient des tréfonds de la mémoire, se trouve dans la rue, mais aussi lors d’ateliers d’écriture que Michel Lambert anime dans des centres de santé mentale. En plus, Michel Lambert se consacre actuellement à l’écriture d’un nouveau recueil de nouvelles et il envisage ensuite un roman, est rédacteur en chef du bimestriel de la Communauté française : L e Carnet et les instants consacré à la littérature belge.

LAURENCE DUMONCEAU

LA DERNIERE HEURE JOURNAL

Dieu s’amuse, nouvelles de Michel Lambert (Pierre-Guillaume de Roux, 2011)


Evene

6 Juillet 2011

Les nouvelles sont-elles fraîches ?

« Il n'a pas changé, ai-je pensé avec mépris. Et l'instant suivant : si, il a changé, mais en quoi ? Et l'instant d'après : peut-être, après tout, n'est-ce pas lui ? Ca faisait combien ? Trente ans ? » Voilà le fil rouge des neuf nouvelles réunies par le Belge Michel Lambert, prix Rossel 1988 pour 'Une vie d'oiseau' et adepte du texte bref : les retrouvailles imprévues, le retour inattendu et dérangeant d'un passé plus ou moins éloigné, parfois oublié. Dans une esthétique proche de la nouvelle américaine, Lambert met en scène des personnages fatigués aux prises avec leur passé, et qui ne s'en tirent pas forcément comme prévu. Un beau recueil à l'écriture sobre, qui inaugure la nouvelle maison lancée par Pierre-Guillaume de Roux, le fils de Dominique de Roux.

BERNARD QUIRINY

WWW.EVENE.FR

Dieu s’amuse, nouvelles de Michel Lambert

(Pierre-Guillaume de Roux 2011)

Imagine

4 Juillet 2011

Les destins qui trébuchent

Michel Lambert affectionne les destins qui trébuchent, convaincu sans doute que c'est à I'instant de la perte d'équilibre que se produisent les redressements les plus féconds. Il campe des situations fortes en peu de mots, comme I'exige la forme brève de la nouvelle. Ainsi cet homme qui rend visite à sa mère sénile, et qui oscille entre tendresse et distance, à mesure qu'elle se rapproche ou lui demande en Ie fixant qui il est. Ou cet autre qui emboîte le pas à deux coureurs de la Cross cup et se remémore un ami perdu. Ou encore ce couple qui ne sait trop s'il doit se séparer et qui renoue in extremis. Ou les retrouvailles de ce groupe d'amis en goguette qui s'observent et se taquinent avec malice, dans l'ombre d'un drame. Michel Lambert a un faible pour les amours et les amitiés suspendues, celles que I'on hésite à ranimer, les rêves qui reviennent sans crier gare et qui s'emparent du présent, s'estompant au premier battement de cils.

Cet art consommé de f instant fugitif donne à ces neuf courts récits un charme indiscutable qui, associé à quelques images fortes et neuves, donne à ce recueil aux facettes multiples sa texture propre.

TH.D.

Dieu s’amuse, nouvelles de Michel Lambert

(Pierre-Guillaume de Roux 2011)

L'Avenir

1er Juillet 2011

Au hasard de Dieu et de Michel Lambert

Entre romans et nouvelles, le Belge Michel Lambert promène sa plume. Le Prix Rossel 1988 invite cette fois aux retrouvailles.

Les héros de Dieu s’amuse, le dernier recueil de nouvelles de Michel Lambert se retrouvent tous face à leur passé (voir ci-dessous). Entre romans et nouvelles, l’auteur belge, Prix Rossel 1988, explore inlassablement l’âme et la destinée humaines.

Manifestement, vous aimez le monde de la nouvelle !

D’aussi loin que je me souvienne pour reprendre l’expression consacrée, j’ai lu des nouvelles. Ce type d’écriture a ceci de particulier qu’il repose sur un moment de crise qui cristallise tout. C’est presque métaphysique. Qu’est-ce qui est important, toute la vie ou un moment, un personnage « capital » qui la résume ? J’aime travailler sur ce moment. Dans un roman, le temps est un facteur important. Généralement, l’histoire s’étale sur plusieurs semaines, années ou même générations. C’est comme une ligne de points sur laquelle des petits personnages se rencontrent puis se perdent puis se retrouvent… Dans une nouvelle contemporaine, on prend un point sur cette ligne et on essaie de l’approfondir. C’est un traitement vertical du temps.

Mais vous alternez aussi avec l‘écriture romanesque ?

Je crois en toute honnêteté que je ne serais pas le nouvelliste que je suis si je n’écrivais pas des romans et vice-versa.

Cette pratique régulière de la nouvelle, c’est très américain…

Je suis à mi-chemin de ce qui se pratique outre-Atlantique et de la tradition française qui ne va pas aussi loin dans le dépouillement et la brutalité. Mais c’est vrai que la plupart des écrivains que j’admire sont anglo-saxons et américains. Ou alors, en France, ce sont des auteurs comme Modiano par exemple…

Comment naissent vos personnages ?

Simple, je suis un grand observateur. J’écoute, je regarde et parfois, il arrive qu’un personnage, une situation m’interpelle. Je me dis « et moi à sa place, qu’est-ce que je ferais ? ». Je construis le personnage. Au départ c’est un étranger puis petit à petit, il devient poreux, perméable, le temps qu’il m’accepte et que je l’accepte. Là aussi il y a une grande différence entre le roman et la nouvelle. Dans un roman, après une trentaine de pages, le personnage a une densité, il peut alors prendre la relève. Mais dans une nouvelle on se laisse plus conduire par le ton. On doit être attentif au moindre mot. Je vais toujours chercher mes personnages en dehors de moi-même mais l’émotion de ce personnage, c’est la mienne.

Vous animez des ateliers d’écriture dans des centres de santé mentale, ça vous aide ?

Ce travail m’aide vraiment, j’y ai trouvé beaucoup de personnages. Je pense aussi que l’écriture a une vertu thérapeutique. On apprend sur soi-même. Ça a un côté pacificateur aussi. Plusieurs patients m’ont déjà affirmé que certains exercices les aidaient à se restructurer.

Vous avez remporté le Prix Rossel en 1988, c’est important ?

Bien sûr. C’est une reconnaissance de ses pairs. On est admis, en quelque sorte, dans la confrérie. Ça donne confiance en soi et c‘est une carte de visite. Côté public, ça vous donne des lecteurs que vous perdez au bout de l‘année… Et à la conquête de qui il faut alors repartir ! Même si quand on écrit, c’est d’abord pour soi-même.

Bientôt un nouveau roman ?

Le prochain recueil, ce seront encore des nouvelles. Mais après, je vais peut-être essayer d’écrire un roman à la première personne. Je ne l’ai jamais fait. Un nouveau défi. ¦

 Interview : MARIE-FRANCOISE GIHOUSSE

(L'Avenir du 1er juillet 2011)

Dieu s'amuse, nouvelles de Michel Lambert

(Pierre-Guillaume de Roux, 2011)

L'Avenir

1er Juillet 2011

La solitude en neuf nouvelles

Il avoue admirer Modiano et il est certain qu’il y a un peu de l’auteur français dans Dieu s’amuse, le dernier recueil de nouvelles de Michel Lambert. Neuf histoires qui racontent l’instant où, dans la vie d’un homme, un événement, une rencontre le met face à son passé. « Ce sont souvent des rencontres dues au hasard, affirme Michel Lambert, un moment capital où se cristallisent le temps passé et le temps présent. Le personnage se repositionne par rapport à son passé et peut dès lors se préparer plus facilement pour le futur. Je pense que ce sont des moments inévitables quelles que soient ces rencontres. »

Dans la nouvelle qui donne son nom au recueil, on voit ainsi un homme devenu écrivain à succès se retrouver, trente ans après, face à son rival amoureux heureux. Dans Qui est-ce ? C’est toute l’enfance du héros, les difficultés de l’amour d’un enfant pour sa mère qui refont surface. Ailleurs, c’est l’absence d’amour paternel qui poursuit le personnage. Chacune de ces histoires est d’abord un moment de solitude mais évoqué avec une légèreté et une tendresse qui, malgré le sujet, éloigne toute sensation de noirceur.¦

M.F.G.

Dieu s'amuse, nouvelles de Michel Lambert

(Pierre-Guillaume de Roux, 2011)

La Vie

17 Juin 2011

Le passant capital de notre vie

 

Nous l'avions perdue de vue depuis si longtemps que la crainte de la revoir s'était évanouie.  Et au « hasard » de retrouvailles, nous voilà en présence de cette personne - rival amoureux, ancienne maîtresse, géniteur oublieux - qui a si profondément déterminé.  notre existence La texture de la réalité se fait plus dense et les faits anodins prennent soudain valeur de symboles.  Notre premier mouvement est de fuir, mais comment nous déroberions-nous à ce « passant capital » ? Dans un style efficace, clair et volontiers elliptique, l'écrivain belge Michel Lambert décline en neuf nouvelles le thème des retrouvailles Moment qui amène à relire sa vie et à entendre autrement l'appel à aimer ses ennemis Ce premier livre témoigne de ce que veulent être les toutes nouvelles éditions Pierre-Guillaume de Roux • une maison d'authentiques écrivains, qui mise sur un catalogue littéraire de qualité plutôt que sur des coups éditoriaux Une aventure à suivre.

XAVIER ACCART

Dieu s'amuse, roman de Michel Lambert

(Pierre-Guillaume de Roux, 2011)

Valeurs actuelles

9 Juin 2011

Michel Lambert maître de l'art bref

Ces nouvelles ressemblent à des instruments d'optique que nous tendrait l'auteur pour nous faire entrer dans son univers. Ce monde que l'on croirait familier au premier regard et qui, soudain, se brouille, comme par inadvertance, se délite, où les conjurations ordinaires de la vie quotidienne ne suffisent plus à nous cacher que Dieu s'amuse : "Je" est un autre, et même de nombreux autres, ce vertige étrangement familier est notre plus grand effroi et notre plus ancienne tentation. « Pourtant aucun d'eux n'avait marqué le pas, aucun ne s'était arrêté face à lui, sauf moi. Moi qu'il dévisageait tout en prononçant ces quelques mots, je ne sais pas pourquoi je vous dis ça. »

L'apparente nonchalance du style dissimule une redoutable économie de moyens. Avec ce recueil, les toutes jeunes éditions Pierre-Guillaume de Roux nous offrent un maître de l'art bref.

PHILIPPE BARTHELET

Dieu s'amuse, de Michel Lambert (Pierre-Guillaume de Roux, 2011)

Terres Nykthes

6 Juin 2011

Quand Dieu s'amuse, le lecteur s'ébaubit

Neuf nouvelles (...) sur le thème des retrouvailles, indique la quatrième. Une mère, une ex-compagne, un meilleur ami avec qui on s’est fâché, un tableau… Les personnages en effet, pour la plupart, retrouvent quelqu’un ou quelque chose apportant avec soi des grappes de souvenirs. Pas tous cependant: le narrateur d’"André" comme celui de "Qui est-ce?" plongent simplement dans leur passé tandis que celui de "Place de l’Ange", lui… ne retrouve rien du tout mais, en prêtant intérieurement une vie rêvée à un inconnu croisé au sortir du train, peut-être se trouve-t-il lui-même?

Quant au lecteur familier des romans et nouvelles de Michel Lambert, il retrouvera ici une même manière de conduire un récit, ouvert in medias res pour ensuite progresser le long d’un moment allant de quelques heures à plusieurs jours en compagnie d’un narrateur qui, par bribes, se rappelle son passé – une brise fugace soulève le tissu léger du récit qui retombe très vite à son présent –; des personnages pareillement insatisfaits, traînant avec eux regrets, remords, désirs inassouvis… et qui conjuguent le verbe aimer à toutes les formes négatives – ne pas savoir aimer, ne pas avoir été aimé, ne plus aimer... autant de personnages-narrateurs qui, en racontant, ont l’air de donner des coups de pied désabusés dans les décombres de leur vie foireuse. Et dans ces nouvelles il reconnaîtra, également, un certain réalisme, marqué par un attachement aux petits détails matériels et quotidiens. Il se sentira en pays connu. À cela près... qu'une étrangeté difficile à définir, pas vraiment "inquiétante" mais pas "familière" non plus, imprègne tous les textes; une étrangeté parfois éclatante comme dans "Le Jour du Rat mort" ou "Place de l'Ange", mais le plus souvent à peine perceptible et qui se révèle a posteriori, par exemple dans le dénouement de "Qui est-ce?", ou dans la spontanéité avec laquelle le narrateur d'"André" s'invite à bord d'une Audi dont il ne connaît aucun des occupants...Mais après tout, si Dieu s'amuse, n'y a-t-il pas lieu de s'attendre à ce qu'adviennent des choses bien peu pénétrables à l'humaine raison?

 

Chacun de ces neuf récits, que l’instance narratrice soit une première ou une troisième personne, est écrit selon le point de vue du personnage principal. Michel Lambert n’intervient pas pour combler ce qu'il passe sous silence: c’est là son attitude habituelle que de s’effacer derrière ses personnages dont le regard est seul maître du jeu. Il en résulte une narration bien particulière, trouée de grands blancs où l’on espérerait quelqu’un de ces avant-récits qui, hors de la fiction mère, donnent à celle-ci consistance, densité, profondeur. C’est une façon de raconter parfois déroutante pour le lecteur, qui ne peut presque jamais avoir le sentiment rassurant d’être mis dans la confidence à l’insu des personnages et doit au contraire regarder en face des espaces narratifs laissés vierges. En cette matière, il me semble que les textes réunis ici sont ceux qui vont le plus loin, si j’en juge à l’aune de ce que j’ai déjà lu de Michel Lambert. Cela leur confère une étrangeté de forme qui sied à cette autre étrangeté, de fond si l’on veut, qui évoque un peu l’univers pictural de Paul Delvaux. Ou de James Ensor: ne songe-t-on pas à ses fameux masques (Masques raillant la Mort, L’Intrigue…), à sa grande toile L’Entrée du Christ à Bruxelles, en lisant "Le jour du Rat mort"? La nouvelle est d'ailleurs inspirée par une tradition d’Ostende, ville natale du peintre et qui est peut-être la ville innommée du dernier texte, où se trouve une avenue James-Ensor

Et le ciel, le ciel par-dessus toutes les destinées en vrac ramassées là, qui n’est pas seulement un élément de décor ni une banale note d’ambiance… Il n’est pas non plus un personnage comme on le dit parfois d’un bâtiment ou d’une ville. Le ciel a dans ces textes une place à part – il y déploie toutes ses humeurs, de jour, de nuit, au lever du soleil comme à son coucher… On le voit de dehors ou bien par la fenêtre, il est omniprésent même lorsqu’il est absent, caché derrière "Le nuage"... Il traverse le recueil comme un thème musical, qui contribue à resserrer la cohésion de l'ensemble.

 

"Un recueil de nouvelles se compose; les textes doivent constituer un tout cohérent, et s’il faut éviter la disparité, il faut aussi se garder de la répétition", a souligné Michel Lambert lorsqu’il a évoqué les grands principes qui le guident dans son travail d’écrivain à l’occasion de la soirée "Autour de la nouvelle" organisée le 31 mai dernier par le centre Wallonie-Bruxelles de Paris. Dieu s’amuse illustre cela à merveille: l’homogénéité thématique, et tonale, est évidente; les textes sont, de plus, d’une grande unité stylistique, tant en ce qui regarde leur construction que leurs rythmes phrastiques. Pourtant chacun d’eux a son caractère, son identité – et je ne pense pas qu’il viendra à l’esprit d’aucun lecteur que ces nouvelles "se répètent". Par contre elles se répondent, se lancent les unes aux autres des clins de mots, ou d’images – d’infimes échos qui les unissent étroitement au-delà de leur fraternité de fond, et l’on peut dire du recueil qu’il est aussi finement architecturé que les récits dont il est fait.

ISABELLE ROCHE

 

Michel Lambert, Dieu s’amuse - nouvelles, éditions Pierre-Guillaume de Roux, avril 2011, 187 p. – 16,00 €.


Le recueil comprend:

"Qui est-ce?", "Le jour du Rat mort", "Un rêve", "André", "Marche triomphale", "Dieu s’amuse", "Les bruits de l’ascenseur", "Place de l’Ange", "Le nuage".

(http://terres-nykthes.over-blog.com/article-quand-dieu-s-amuse-le-lecteur-s-ebaudit-75577900.html)

Centre Wallonie-Bruxelles

24 Mai 2011

Rendez-vous au Centre Wallonnie-Bruxelles le 31 mai à 19 heures

Avec Michel Lambert, nouvelliste phare de langue française, à l’occasion de la parution de son dernier recueil Dieu s’amuse (Pierre-Guillaume de Roux, 2011).

Michel Lambert nous présentera, en exclusivité, la lauréate 2011 du Prix Renaissance de la nouvelle, Madame Scholastique Mukasonga, écrivain rwandais de langue française, pour son premier recueil L’Iguifou – Nouvelles rwandaises aux éditions Gallimard.

Le prix franco-belge Renaissance de la nouvelle, créé en 1991 par Michel Lambert et Carlo Masoni, a pour but d’encourager cet art narratif encore trop marginal dans la sphère francophone.

Le comédien Philippe Müller lira des extraits de ces deux recueils.

ENTREE LIBRE.

Centre Wallonie-Bruxelles

7, rue de Venise – 75004 Paris- http://www.cwb.fr- Tél : 01 53 01 96 96.

Ville d'Ozoir-la-Ferrière

11 Mai 2011

Michel Lambert parmi les 4 nominés du Prix Ozoir'elles

Depuis le lancement du Salon du livre d'Ozoir-la-Ferrière, un prix est décerné à un recueil de nouvelles publié dans l'année précédente. Ce prix est attribué par un jury formé de personnalités et des lectrices d'Ozoir.

La sélection officielle des recueils retenus pour le prochain prix Ozoir'elles vient de sortir. La voici :  

Dieu s’amuse, de Michel Lambert ( éditions Pierre-Guillaume de Roux)  

La lettre de Buenos Aires, d'Hubert Mingarelli (éditions Buchet Chastel)   

Mon amoureux et moi, de Isabelle Minière (éditions D'un noir si bleu)  

La mauvaise habitude d'être soi, de Martin Page (éditions de l'Olivier)


Le jury regroupe, cette année, Simonetta Greggio (présidente), Victoria Bedos, Astrid Eliard, Véronique Genest, Macha Méril, Colombe Schneck.... et les Ozoiriennes. Régine Deforges ne participe plus au vote mais demeure “Marrraine d’honneur”.


Alors rendez-vous le samedi 19 novembre 2011 à Ozoir-la-Ferrière pour connaître le lauréat de cette année.

La Revue Générale

10 Mai 2011

Michel Lambert orfèvre de la compassion

Faulkner prétendait qu’on fabriquait des romans à défaut d’écrire des poèmes ou des nouvelles. Indirectement, il signifiait son appartenance à l’univers anglo-saxon. Lequel apprécie le sprint autant que le demi-fond, et bien davantage que le dix mille mètres ou le marathon. C’est qu’il se trouve dans le genre de la nouvelle une élégance de l’instant. Et l’intuition que la vie se joue plus souvent sur un clin d’œil que sur un élan de la volonté.


La nouvelle entrebâille la porte de la chambre pleine de remous et livre la vérité cinglante, soit l’existence lorsqu’elle échappe à toute maîtrise ou analyse.  Tout le mérite revient à Michel Lambert de nous conduire en ces moments de grâce inversée où le scalpel brille, inéluctable et pourtant humain. Jamais à ce point, je crois, il n’a été maître de son sujet. Maître ? Ou plutôt serviteur des failles qui courent sur les façades de nos existences sans lendemain. Dans un style dépourvu de graisse, mais nourri des mille et un détails qui parlent bas, il suit les trajectoires d’hommes et de femmes à qui le destin, cruel par essence, impose un moment de lucidité. Laquelle, on le sait, est mère des plus grandes douleurs. C’est soudain le langage qui l’emporte sur toute autre considération ; un geste échappe à tout contrôle ; les faits s’enchaînent comme dans un rêve qui vire au cauchemar.


La plupart des nouvelles de ce recueil évoquent l’amour tel qu’il devient à la cinquantaine : un regret, une morsure, une plaie d’orgueil, un reste d’espérance. A l’instar de Simenon, sans juger, Lambert s’efforce de comprendre. Jamais, il ne conclut. Tels amants se retrouvent par hasard, bien après les orages de la passion, pour une conversation au goût de cendres. Un homme croise celui que son grand amour a choisi, il y a bien des années ; le duo déambule entre chien et loup, pour s’avouer que chacun au bout du compte a tout perdu. Une femme vient réveiller en pleine nuit celui qui l’a refusée en son temps, et le fait descendre dans un bar, loin de son téléphone resté allumé dans l’attente de l’épouse qui se meurt d’un cancer à l’hôpital.


Toutes ces révélations tissent une trame éminemment humaine, dans des atmosphères en demi-teintes, comme assourdies, proches de l’intime et des gouffres amers. Les masques tombent et Dieu s’amuse à jeter les dés. De leur côté, solitaires et blessés, les hommes s’arrangent avec ce qui reste d’eux-mêmes : le plus souvent, ils font dans la trahison de la femme aimée, de l’ami, de l’âme surtout. En sorte que le soir tombe, mangé par le bleu de la nuit et les réverbères qui tremblent de loin en loin. Il faut faire seul et se fondre dans le bruissement de la ville qui continue de gémir des mille et une espérances en déroute.


Recueil de toutes les mélancolies, Dieu s’amuse montre l’exemple de la compassion vraie ; c’est là une réussite littéraire de haut vol.

ALAIN BERTRAND

Dieu s'amuse, nouvelles de Michel Lambert (Pierre-Guillaume de Roux, 2011)

Le Soir

6 Mai 2011

Michel Lambert face au passé

Parfois le passé semble loin. Parce qu'on ne l'a pas convoqué depuis longtemps, parce que le présent se fait plus intéressant, parce qu'on l'a enfermé à double tour dans un coin de notre tête. Et parfois, au contraire, il est éclatant. Eclaboussant. Il nous saute à la figure au détour d’une artère, par le biais d'un coup de fil ou au souvenir d'un trajet en voiture. Et là, la carapace s'effrite. C'est ce qui arrive aux personnages des nouvelles du dernier livre de Michel Lambert, joliment titré Dieu s'amuse.

Dans celle qui donne son titre au recueil, le narrateur tombe nez à nez avec l’homme qui lui a volé sa fiancée, et réalise du même coup ce qui l'a pousséà écrire. Dans « Le nuage », Hugo est confronté à Quentin,le frère d'Estelle, qu'il a aimée tant qu'il pouvait jusqu'à ce qu'elle se donne la mort. Charlie, lui, voit son passé débouler une nuit, quand deux vieux amis viennent le sortir de sa retraite taciturne, dans « Marche triomphale ». Dans « Les bruits de I'ascenseur », Antoine gâche un rendez-vous important, ébranlé par la vue d'un tableau qu'il sait cher son ex. Etc. Que se passe-t-il alors ? Souvent, pas grand-chose.

Michel Lambert ne décrit ni destins bouleversés, ni trajectoires de vie tarabiscotées. Ce n'est pas son genre. Avec sa plume délicate, il laisse ses personnages encaisser le coup. Se reprendre. Et bien souvent, poursuivre ce qu'ils avaient entamé. Le chavirement est à l'intérieur. Mais I'auteur ne le détaille pas, et laisse le lecteur le ressentir grâce à la justesse de description des situations. Pas de fioriture dans ce recueil très cohérent. L'écrivain affirme juste, histoire après histoire, qu'on n'échappe pas à son passé. Et qu'il faut souvent s'y frotter pour le dépasser.

Ce n'est pas une leçon de morale, Michel Lambert a trop de finesse pour ça. Juste des histoires humaines qu'il raconte tendrement.

ADRIENNE NIZET

Dieu s'amuse, nouvelles de Michel Lambert (Pierre-Guillaume de Roux, 2011)